Kitâb at-Tassawuf (2)

Publié le par abou abdillah al tounsi

Le « Samâ’ » [audition] des Prophètes et des anciens pieux prédécésseurs (II) SHeikh al-Islâm Taqî ad-Dîn Abî al-’Abbâs Ahmad Ibn ’Abdel-Halîm Ibn ’Abdel-Sallâm Ibn Taymiyyah al-Harânî BismiLLehi ar-Rahmâni ar-Rahîm Quant à l’audition « Samâ’ » de la muka et de la tasdiyah. La tasdiyah, c’est claquer des mains et la muka, c’est comme un sifflement etc. C’est le Samâ’, pratiqué par les associateurs, qu’Allâh a évoqué en disant : « Leur prière auprès de la Maison n’est que sifflement et claquements de mains... » [1] Allâh - Ta’âla - nous a informés que les associateurs avaient adopté les claquements de mains et la production de sons avec les mains comme moyen de se rapprocher de Lui et comme religion. Le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) et ses Compagnons ne se sont pas réunis pour de pareils « Samâ’ » et ils n’y ont jamais assisté. Quiconque dit que le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) a assisté à ce type de Samâ’ ment à son sujet, ainsi que les gens qui possèdent la connaissance de ses propos et de ses faits et gestes s’accordent à le dire. Il y a le hadîth cité par Muhammad Ibn Tâhir al-Maqdissî dans « Mass-alat as-Samâ’ » et « Sifat at-Tassawuf » et rapportée, par la suite, par le SHeikh Abû Hafs ’Oumar al-Souhrawardî qui dit : Un arabe du désert déclama un jour ces vers au Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) : « Le serpent de la passion a mordu mon cœur [mon foie - Kabdî] - Et, pour lui, nul médecin, nul enchanteur, sinon mon bien-aimé, celui dont je suis épris : Le charme qui me guérirait, ma thériaque est chez lui. » Le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) s’exclama tellement que son manteau [Burda] tomba de ses épaules. Mu’âwiyyah lui dit : « Quel bon divertissement vous avez là ! - Doucement, Yâ Mu’âwiyyah ! Celui qui ne s’exclame pas au Rappel du Bien-Aimé n’est pas un homme d’honneur. » Et ceci est un hadîth mensongé et inventé, comme les gens de Science en cette affaire s’accordent à le dire. [2] Cependant, plus manifestement mensongère encore est cet autre hadîth dans laquelle on mentionne que lorsque le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) annonça aux pauvres qu’ils précéderaient les riches au Paradis, ils s’exclamèrent et déchirèrent leurs habits. Sur quoi Djibrîl (’alayhi as-sallam) descendit du ciel et dit : « Ô Muhammad ! Ton Seigneur demande Sa part de ces loques. » Et l’ange d’en prendre une, qu’il attacha au Trône. C’est là « le morceau d’étoffe des pauvres ». De pareilles histoires ne sont rapportées que par des gens qui sont parmi les plus ignorants de la situation du Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) et de ses Compagnons, parmi les derniers à connaître la foi et l’Islâm. Elles sont semblables aux histoires de ceux qui rapportent que les Gens du Banc se battirent avec les infidèles lors de la déroute des Musulmans, le jour de Hunayn ou un autre jour, et dirent alors : « Nous sommes avec Allâh. Quiconque est avec Lui, nous sommes avec lui ! » De pareille histoires sont semblables à celles des gens qui rapportent que, le matin de son Ascension, le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) trouva les Gens du Banc en train de parler d’une chose qu’Allâh lui avait ordonné de taire : D’où tenez-vous cela ? Leur dit-il. - Allâh nous l’a enseigné. - Ô Seigneur, dit-il, ne m’as-tu pas ordonné de ne pas divulguer cela ? A quoi Allâh répondit : « Je t’ai ordonné, à toi, de ne pas le divulguer mais Moi, Je le leur ai enseigné. » Et autres propos que rapportent des groupes qui, en dépit de leur ignorance excessive de la religion de l’Islâm, se réclament de la religion et bâtissent sur elle l’hypocrisie et les innovations qui leur conviennent. Parfois ces groupes refusent de passer par le Messager et arrivent à Allâh sans suivre en rien sa voie, chose plus grave encore que l’infidélité des Juifs et des Nazaréens. Ceux-ci en effet refusent la médiation d’un Messager seulement, ils ne refusent pas la médiation de tout Messager. En revanche, comme ces groupes refusent, pour eux-même, la médiation de tout Messager, c’est quelque chose de plus terrible que l’infidélité des Juifs et des Nazaréens. « La médiation prophétique ne tombe, disent-ils, que pour l’élite, non pas pour l’ensemble. » Disant cela, ils sont cependant plus infidèles que les Gens du Livre en tant qu’ils refusent toute intermédiaire prophétique, pour eux-même et dans certaines conditions, tandis que les Gens du Livre sont plus infidèles en tant qu’ils refusent totalement l’intermédiaire Muhammad (sallallahu ’alayhi wa sallam). Ceci dit, les Gens du Livre qui disent que Muhammad est un Messager envoyé aux illettrés, non aux Gens du Livre, sont meilleurs qu’eux. Ils considèrent en effet, comme non concernés par son message, ceux qui ont déjà un Livre, tandis que ces gens considèrent, comme non concernés par le message de Muhammad, des gens auxquels il ne reste en fait que des illusions, des suggestions [Wassâwis] et des opinions qui leur ont été inspirée par le Chaytân, gens qui pensent être parmi les élites des Amis d’Allâh, alors qu’ils sont parmi les pires ennemis d’Allâh. Ces gens font de ces traditions fabriquées, un argument en faveur de ce qu’ils forgent comme choses allant à l’encontre de la religion de l’Islâm et ils prétendent qu’elles comptent parmi les secrets de l’élite, ainsi que le font les hérétiques, les Qarâmitah et les Bâtiniyyah. Parfois encore, ces gens font de ces choses un argument pour qu’on se détourne du Livre d’Allâh et de la Sounnah du Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam), et qu’on adopte ce qu’ils ont innové, prendre leur religion comme divertissement et un jeu [...] [3] Notes [1] Coran 8/35 [2] Rapporté par SHeikh al-Albânî [3] Madjmu’ al-Fatâwa de Ibn Taymiyyah, 11/305-306

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