Kitâb at-Tassawuf (3)

Publié le par abou abdillah al tounsi

Le « Samâ’ » [audition] des Prophètes et des anciens pieux prédécésseurs (III)

SHeikh al-Islâm Taqî ad-Dîn Abî al-’Abbâs Ahmad Ibn ’Abdel-Halîm Ibn ’Abdel-Sallâm Ibn Taymiyyah al-Harânî

BismiLLehi ar-Rahmâni ar-Rahîm

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Ceci dit, c’est quelque chose que l’on sait nécessairement concernant la religion de l’Islâm, le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) n’a pas prescrit aux gens vertueux de sa communauté, à ses adorateurs et à ses ascètes pieux, de se réunir pour écouter des vers mis en mélodie et accompagnés de battement de mains, de battement de baguettes ou de tambourin ; tout comme il n’a permis à personne de cesser de le suivre et de suivre le Livre et la Sagesse (qu’il a enseignée), qu’il s’agisse de ce qui est intérieur des choses ou de ce qui est apparent et que l’on fasse partie des gens du commun ou de l’élite. Aussi, le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) a admis diverses choses quant au divertissement durant les mariages et autres. Tout comme il a admis que les femmes jouent du tambourin durant les mariages et les noces. Quant aux hommes de son époque, aucun d’eux ne jouait du tambourin ni ne tapait des mains.

De plus, il est fermement établit dans le Sahîh, que le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) a dit : « Aux femmes seulement les tapements des mains, aux hommes la glorification d’Allâh. » [1]. Il a aussi maudit les femmes qui cherchent à ressembler aux hommes et les hommes qui cherchent à ressembler aux femmes. [2]. Sachant que chanter, jouer du tambourin et battre des mains était une pratique des femmes, les anciens nommaient comme efféminés ceux qui le faisaient et nommaient comme efféminés les hommes qui chantaient ; et ceci était bien connu dans leurs paroles. C’est dans ce chapitre qu’il est rapporté de ’Âisha (radhiallâhu ’anha), que lorsque son père [Abî Bakr] entra chez elle le jour de al-’Id, deux fillettes des Ansâr chantaient les paroles qu’avaient dit les Ansâr le jour de Bu’âth [3]. Et Abû Bakr dit : « Les chansons du Satan dans la maison du Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) ! - Le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) ne faisait pas attention à la scène et avait le visage tourné vers le mur. Il dit : Laisse-les, Ô Abû Bakr ! Chaque peuple [qawm] à une fête et ceci est notre fête à nous, Gens de l’Islâm ». [4] Et ce hadîth démontre clairement que le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) et ses Compagnons n’avaient pas l’habitude de se réunir pour de telles choses. C’est pour cela que le véridique Abû Bakr (radhiallâhu ’anhu) les a nommé « Chansons du Satan ».

Quant au Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) , il a laissé faire les fillettes en invoquant comme raison le fait que c’était un jour de fête. On admet donc que les petits jouent durant les fêtes, comme il est dit dans le hadîth : « Afin que les associateurs sachent que, dans notre religion, ont jouit de permission » [5] Ainsi, ’Aisha (radhiallâhu ’anha) avait des poupées avec lesquelles elle jouait et les petites filles qui étaient ses amies venaient jouer avec elle.

Il n’est pas indiqué dans le hadîth des deux fillettes, que le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) les a écoutées. Aussi, l’ordre et l’interdiction se rattachent au fait d’écouter, non pas au simple fait d’entendre, comme c’est le cas pour la vision. L’ordre et l’interdiction se rattachent au fait de vouloir voir, non pas à ce qui se produit comme vision sans qu’il y ait de choix. De même pour ce qui est de sentir un parfum : au pèlerin en état de sacralisation, il est seulement défendu de vouloir sentir et, lorsqu’il sent un parfum sans le vouloir, il n’encourt aucun péché. De même en somme pour ce qui est d’être en contact avec les choses interdites liées aux cinq sens : l’ouie, la vue, l’odorat, le goût et le toucher. L’ordre et l’interdiction, dans ce cas, se rattachent seulement au fait de vouloir et d’agir pour l’adorateur [d’Allâh] ; quant à ce qui se produit sans l’avoir choisi, il n’y a dans ce cas ni ordre ni interdiction [...] [6]

Notes

[1] Rapporté par al-Bukhârî et Muslim

[2] Rapporté par al-Bukhârî

[3] Célèbre bataille qu’il y a eu entre les ’Aws et les Khazradj, les deux principales tribus de Médine

[4] Rapporté par Muslim et Ibn Mâdja

[5] Rapporté par Ahmad, et authentifié par SHeikh Ahmad Châkir

[6] Madjmu’ al-Fatâwa de Ibn Taymiyyah, 11/307-308

Publié dans Kitâb at-Tassawuf

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