Kitâb at-Tassawuf (1)
SHeikh al-Islâm Taqî ad-Dîn Abî al-’Abbâs Ahmad Ibn ’Abdel-Halîm Ibn ’Abdel-Sallâm Ibn Taymiyyah al-Harânî
samedi 10 mai 2003, par
Ibn Taymiyyah (rahimahullâh) fut interrogé sur la nature du [Samâ’] des Vertueux : qu’est-ce que ce samâ’ ? L’audition des poèmes mis en musique et accompagnés d’instruments qui ravissent est-elle un des moyens de se rapprocher d’Allâh et de Lui obéir ? Est-elle interdite ou permise ?
Louange à Allâh, le Seigneur des mondes. Je témoigne qu’il n’y a de dieu sinon Allâh, Unique, sans associé. Et je témoigne que Muhammad est Son serviteur et Son Messager (sallallahu ’alayhi wa sallam) !
La question, fondamentalement, est de faire la différence entre le « Samâ’ » dont on tirerait profit dans la religion et ce qu’on admet éviter et gêner, entre le samâ’ de ceux qui chercheraient à se rapprocher d’Allâh et celui des gens qui se distraient.
Le « Samâ’ » qu’Allâh - Ta’âla - a prescrit à Ses serviteurs et pour lequel les anciens de la Communauté - les compagnons, les suivants et leurs suivants - se réunissaient, étant donné la bonté de leurs cœurs et la pureté de leurs âmes, c’est l’audition des Versets d’Allâh, l’audition des Prophètes et des croyants, des Gens de la science, et des Gens de la Connaissance.
Allâh - Ta’âla - a évoqué ce type de « Samâ’ » quand il évoque certains des Prophètes (’alayhim as-sallam) en disant :
[1]
Allâh - Ta’âla - a également dit :
[2]
[3].
C’est le « Samâ’ » qu’Allâh à ordonné de pratiquer, en disant :
[4]
Et les adeptes de ce type de « Samâ’ », Allâh - Ta’âla - les a loués en disant notamment :
[5]
Tandis que des autres, Allâh - Ta’âla - a dit :
[6]
Allâh - Ta’âla - a également dit :
[7]
De même qu’Allâh - Ta’âla - a loué ce type de « Samâ’ », il a blâmé ceux qui s’en détournent. Il a en effet dit :
[8]
Ceux qui sont infidèles disent :
[9]
[10]
[11]
[12]
[13].
Voilà le type de « Samâ’ » qu’Allâh - Ta’âla - a prescrit aux musulmans de pratiquer durant leurs prières et leurs prêches, par exemple durant la prière du Fajr [prière de l’aurore], durant celle de la nuit [al-’Isha] et en d’autres occasions encore. C’est pour ce type d’audition que les Compagnons du Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) se réunissaient. Lorsqu’ils se réunissaient dans ce but, ils ordonnaient à l’un d’entre eux de réciter le Qor’ân tandis que le reste écoutait. ’Oumar disait ainsi à Abû Mûssa : « Rappelle-nous notre Seigneur ! » Il récitait alors le Qor’ân et eux écoutaient. Voilà le type de Samâ’ auquel le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) assistait avec ses compagnons et qu’il leur demandait. Ainsi est-il dans les deux Sahîh, d’après ’Abd-Allâh Ibn Mass’oûd, que le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) dit à ce dernier : - Récite-moi le Qor’ân. - Tu me dis de te réciter le Qor’ân alors que c’est sur toi qu’on l’a fait descendre ? - Oui, répondit le Prophète, j’aime l’entendre de quelqu’un d’autre. Je lui ai donc récité, rapporte Ibn Mass’oûd (radhiallâhu ’anhu), la sourate Les Femmes jusqu’à ce que j’arrive au verset que voici :
[14]
Assez, dit-il [Le Prophète], les yeux en pleurs.
Voilà ce que le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) et ses compagnons écoutaient, ainsi qu’Alâh -Ta’âla- le dit :
[15]
La « sagesse », c’est-à-dire la tradition.
Allâh - Ta’âla - dit également :
[16]
De même pour les autres Messagers que Muhammad (sallallahu ’alayhi wa sallam) :
[17]
En outre, le Jour de la Résurrection, le Très-Haut s’élèvera contre les fils d’Âdam ainsi qu’Il le dit :
[18]
Allâh - Ta’âla - dit aussi :
[19]
Allâh - Ta’âla - a informé que celui qui s’en tient à ce type de Samâ’ est bien guidé et réussit tandis que celui qui s’en détourne s’égare et est malheureux.
Il dit en effet :
[20]
[21]
Par le Rappel [dhîkr] d’Allâh, on veut dire tantôt le fait, pour le serviteur, de se rappeler son Seigneur, et tantôt le Rappel qu’Allâh à fait descendre, ainsi que le Allâh - Ta’âla - le dit :
[22]
[23]
[24]
[25]
[26]
[27].
[28]
Ce type de Samâ’ exerce sur la foi des effets -[connaissances saintes et états purs]- qu’il serait long d’expliquer et de décrire et, sur l’organisme, des effets louables : humilité du cœur, larmes des yeux, frissonnement de la peau ; ceci est mentionné dans le Qor’ân. Ces caractéristiques [sifât] ont existé chez les Compagnons. Après eux, chez les suivants, ont existé des effets de trois types : agitation et cris, évanouissement et mort.
En sommes, ce type de Samâ’ est le fondement de la foi. Allâh - Ta’âla - a envoyé Muhammad (sallallahu ’alayhi wa sallam) à l’ensemble des créatures pour qu’il leur transmettre les messages de leur Seigneur. Quiconque entend ce que le Messager a transmis, y croit et l’observe, est bien guidé et réussit. Quiconque s’en détourne s’égare et est malheureux [...] [29]
Notes
[1] Coran 19/58
[2] Coran, 17/107-109
[3] Coran 5/83
[4] Coran, 7/204
[5] Coran, 38/17-18
[6] Coran, 31/7
[7] Coran, 38/29
[8] Coran, 31/7
[9] Coran, 40/26
[10] Coran, 25/30
[11] Coran, 74/49-51
[12] Coran, 40/5
[13] Coran, 17/45-46
[14] Coran, 4
[15] Coran, 3/164
[16] Coran, 27/91-92
[17] Coran, 7/35
[18] Coran, 6/130
[19] Coran, 39/71
[20] Coran, 20/123-125
[21] Coran, 43/36
[22] Coran, 21/50
[23] Coran, 7/63
[24] Coran, 15/6
[25] Coran, 21/2
[26] Coran, 43/44
[27] Coran, 81/27
[28] Coran, 36/69
[29] Madjmu’ al-Fatâwa de Ibn Taymiyyah, 11/306-307