Shaikh ‘Abdur-Razzâq Ibn ‘Afîfî Al-Misrî (1323H - 1415H)

Publié le par abou abdillah at tounsi

Son nom, sa filiation et lieu de naissance :

Il se nomme Abu Ahmad, ‘Abdur-Razzâq Ibn ‘Afîfî Ibn ‘Atiyyah An-Nûbî. Il est né à Shanshûr, une ville d’Egypte, en l’an 1323 de l’Hégire.

Ses études et sa quête de la science :

Il fut élevé dans une famille de savants, et débuta ses études primaires et secondaires dans la ville de Shanshûr, lesquelles étaient basées sur le programme d’Al-Azhar. Lorsqu’elles furent achevées, il alla au Caire suivre des études avancées à l’université d’Al-Azhar, et y fut diplômé en l’an 1351 de l’Hégire, obtenant le diplôme le plus prestigieux. Lorsqu’il était au Caire, il rencontra et appris sous l’égide des renommés savants Ahmad Shâkir et Hâmid Al-Fiqqî.

Après avoir obtenu son diplôme, il continua en se spécialisant dans le domaine du Fiqh et de Ussûl al-Fiqh et obtint son diplôme dans le Fiqh et l’Ussûl Mâlikî en l’an 1355 de l’Hégire. Ensuite il poursuivit ses études et son acquisition de la science en prenant des livres des savants, en les étudiant et les examinant.

Ceux qui l’ont connu et ont vécu auprès lui le décrivent comme ayant une science encyclopédique, possédant diverses aptitudes intellectuelles et étant polyvalent dans toutes les sciences de l’Islam.

Ses positions et responsabilités religieuses :

Il travailla en qualité d’enseignant dans un institut éducationnel d’Al-Azhar en Egypte en l’an 1356 de l’Hégire, et pendant cette époque, il contrôla et vérifia le livre Al-‘Uluww de l’Imâm adh-Dhahabî.

Il dispensait également des cours dans les mosquées à travers ce pays.

Il est ensuite allé s’installer à Alexandrie où il participa à la construction de mosquées et à l’instruction du peuple.

Il fut choisi pour être le vice-président de la Jamâ’at Ansâr as-Sunnah al-Muhammadiyyah en l’an 1365 de l’Hégire, puis en occupa le poste de Président en l’an 1379 de l’Hégire.

En l’an 1368 de l’Hégire, il accomplit la Hijrah dans les régions de Haramayn en Arabie Saoudite, suite à l’invitation du sheikh Muhammad Ibn Ibrâhîm Âli Sheikh (rahimahullah) [Décéda en l’an 1389 de l’Hégire] qui entendit de bons échos et fut impressionné à son sujet.

Lorsqu’il était en Arabie Saoudite, il enseigna dans le centre de Dâr at-Tawhîd a Tâ’if. Après deux années d’enseignement dans cet établissement, il alla à ‘Unayzah enseigner dans l’institut éducationnel en l’an 1370 de l’Hégire. Puis vers la fin du mois de Shawâl de l’année 1370 de l’Hégire, il alla à Riyadh pour enseigner dans l’institut d’enseignement sous la direction du sheikh Muhammed Ibn Ibrâhîm Âli Shaikh.

On lui attribua un poste d’enseignant dans l’université de Sharî’ah et de langue arabe de Riyadh, dès son ouverture.

Puis il fut nommé Président du comité Islamique de la Recherche et de la Fatwa, et fut également un membre du Conseil des Grands Savants. Il occupa ce poste jusqu’à son décès, qu’Allah lui fasse miséricorde [1].

Il était responsable de la supervision d’un certain nombre de traité scientifiques, tels que des rédactions de doctorat, et les thèses pour l’obtention des maîtrises.

Il présentait plusieurs cercles d’études dans lesquels il enseignait le Tafsîr du Coran. Ces cours étaient donnés dans la mosquée du sheikh Mohammed Ibn Ibrâhîm à Riyadh. Ensuite, il les dispensa chez lui.

Il dirigeait la prière dans la mosquée qui était adjacente à son logement. Il dispensait aussi de temps en temps dans cette mosquée, des cours d’enseignement et des sermons.

En plus de cela, il participait aux cérémonies et aux séminaires, tels que l’enseignement de cours pendant la période du Hajj.

Ses étudiants :

Les plus renommés de ses étudiants sont :

  1. Sheikh ‘Abdul-‘Azîz Ibn ‘Abdillâh Âli Sheikh
  2. Sheikh ‘Abdullâh Ibn ‘Abdir-Rahmân Al-Ghudayyân
  3. Sheikh ‘Abdullâh Ibn Hasan Al-Qu’ûd
  4. Sheikh Sâlih Al-Luhaydân
  5. Sheikh Sâlih Ibn Fawzân Al-Fawzân

Ses qualités et caractéristiques :

Le cheikh, qu’Allah lui fasse miséricorde, faisait preuve de beaucoup de sagesse dans son appel et son instruction des gens. Il accomplissait le Hajj chaque année depuis sa Hijrah en Arabie Saoudite. Il était très gentil, généreux et humble.

Il était extrêmement patient lors des moments d’épreuves et se consacrait constamment à la glorification et à l’exaltation d’Allah. Parmi les exemples de sa patience, lorsqu’il était affligé d’une hémiplégie [2] qui paralysait la moitié de son corps en l’an 1376 de l’Hégire, et également en l’an 1413 de l’Hégire. Il fit preuve de patience et garda espoir, ensuite Allah l’en a guéri. De même lorsque trois de ses enfants décédèrent lors de son vivant. Son fils ‘Âsim décéda dans une guerre en l’an 1973 de l’année grégorienne. Il appris la nouvelle et fit preuve de patience tout en espérant la récompense d’Allah. Puis son fils, ‘Abdullah, décéda en l’an 1403 de l’Hégire lorsqu’ il était à Jeddah.

Sa famille et ses enfants :

Le cheikh (rahimahullah) épousa une femme pieuse issue d’une famille pieuse en Alexandrie, avec laquelle il eut de nombreux enfants : il eut huit enfants - cinq garçons et trois filles. Trois de ses fils l’ont précédé dans la mort, comme il fut mentionné.

Son rôle dans la Da’wah :

Les livres scientifiques les plus appréciés du cheikh étaient : «  Al-Mustasfâ  » de Al-Ghazâlî, «  Al-Muwâfiqât  » d’Ash-Shâtibî et «  al-Qâmûs al-Muhît  » d’Al-Fayrûz Abâdî.

Sa principale occupation était dirigée vers l’enseignement, l’éducation, l’instruction et la prononciation de fatwas, lui laissa peu de temps pour écrire des livres et des traités [3]. Une fois, en répondant à une question, il dit : « Je n’ai pas vu beaucoup de nouveautés dans les livres de cette époque, mais plutôt seulement des répétitions de ce qui a déjà été écrit dans le passé, excepté pour les livres du cheikh al-Islâm Ibn Taymiyyah (rahimahullah), dans lesquels vous pourrez trouver beaucoup de science qui n’a pas été entièrement parcourue par les précédents. »

Malgré cela, il édita, vérifia et commenta de nombreux ouvrages, comme :

  1. Mudhikkirah at-Tawhîd , (Un guide sur le Tawhîd), un traité bénéfique basé sur les notes prises lors de ses cours à l’université.
  2. Une vérification et une explication du livre « Al-Ihkâm fî Usûl-il-Ahkâm » de Al-Âmadî,
  3. Une explication de At-Tadmuriyyah d’Ibn Taimiyyah,
  4. Remarques du livre At-Tabûkiyyah d’Ibn-al-Qayyim
  5. Remarques du livre Alfiyyah d’Al-‘Irâqî
  6. Ce qui démontre l’immensité de sa science, la précision de sa perspicacité, et l’étendue de son intelligence, sont les notes suivantes, lesquelles sont petites par la taille mais grande par la valeur, c’est ce qu’il a inséré dans les marges du «  Sharh Al-‘Aqîdah At-Tahâwiyyah  » d’Ibn Abîl-’Izz Al-Hanafî dans lequel il mentionne les références de son commentaire des livres du Sheikh-al-Islâm Ibn Taimiyyah et son élève Ibn Al-Qayyim.

Les savants qui ont fait son éloge :

Son statut parmi les savants était renommé. C’est la raison pour laquelle il fut nommé Président de la Jamâ’at Ansâr as-Sunnah en Egypte, à l’époque de sa gloire et de son prestige. Sa réputation circula au-delà de sa patrie d’Egypte, c’est la raison pour laquelle le sheikh Muhammed Ibn Ibrâhîm Âli Sheikh, qu’Allah lui fasse miséricorde, l’invita au Royaume d’Arabie Saoudite. Le Roi ‘Abdul-Azîz assistait à ses cours hebdomadaires chaque jeudi.

L’imâm Al-Albanî (rahimahullah) le décrivit comme étant : « Un remarquable savant qui fait partie des rares savants chez qui il remarqua possédant une personnalité, des mœurs, une gentillesse et une compréhension des savants ».

Il a également dit : « Je l’ai rencontré lors de plusieurs occasions pendant le Hajj. Parfois, j’écoutais ses questions/réponses scientifiques, qui lui étaient posées par des pèlerins recherchant auprès de lui une fatwa, sur divers sujets. Ces réponses étaient précises et révélaient toute l’étendue de sa compréhension et de son suivi évident de la méthodologie des Salaf As-Sâlih ».

Le sheikh ‘Abdul-‘Azîz Ibn ‘Abdillâh Âli Shaikh à dit à son sujet : « Le sheikh fait partie de la brillante élite qui a joué un rôle important dans l’éducation des générations ».

Le sheikh Sâlih Al-Fawzân a dit : « Il était le sheikh (professeur) des professeurs et un modèle pour les savants Salafî de cette époque. Chaque étudiant de cette génération diplômé des études Islamiques lui est, après Allah, reconnaissant ».

Le sheikh Muhammed Lutfî as-Sabbâgh a dit : « Par Allah ! Je n’ai jamais rencontré de savant tel que lui, sur le plan de ses vastes recherches, ses connaissances précises et son excellente mémorisation. »

Sa fin :

Le cheikh commença à s’affaiblir en l’an 1411 de l’Hégire et fut admis à l’hôpital en l’an 1415 de l’Hégire. Il y resta jusqu’à son décès, qui survint un jeudi matin, cinq jours avant la fin du mois de Rabî’ al-Awwal de l’année 1415 de l’Hégire (1er septembre 1994). La prière funéraire eut lieu dans la Mosquée Centrale de Riyadh, après la prière de la Jumu’ah. Son ancien étudiant, le cheikh ‘Abdul-‘Azîz ‘Âli Sheikh présida sa prière funéraire, qu’Allah lui fasse miséricorde.

Post-Scriptum :

Auteur : Divers auteurs

Source : Al-Asalâh (volume 13/14, p. 32-34) avec des ajouts de Sahab.net (Al-Ibânah.com)

Traduit par : L’équipe de Sounna.com

Notes :

[1] Note du traducteur : Il était au service de ce comité de Grands Savants avec le Sheikh Ibn Bâz, lequel était à la tête du comité, le Sheikh ‘Abdullah Ibn Qu’ûd et le Sheikh Abdullah Ibn Ghudayyân.

[2] Note du traducteur : C’est une totale ou partielle paralysie d’un côté du corps et est la conséquence d’une maladie ou une blessure des centres moteurs du cerveau (Merriam - Dictionnaire Webster)

[3] Note du traducteur : Parmi ses renommés étudiants il y eut le cheikh Mohammed Amân Al-Jâmî, qu’Allah lui fasse miséricorde.

Publié dans Les Gens de Sciences

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