Le Miracle (3ème partie)...

Publié le par abou abdillah at tounsi

Le récit de Youssouf...comment est-il considéré comme un miracle du Prophète - paix et bénédictions d'Allah sur lui ?

قصة يوسف عليه السلام ؟

 

Les miracles de Moïse, de Jésus et de Mohammed, que le salut d`Allah et la paix soient sur eux, ne sont pas limités à ceux que nous avons décrits, ce n`est qu`une mise en évidence de ce que chacun d`eux a lancé comme défi à son peuple, il (chaque envoyé cité ci-dessus) a placé (ce défi, ce miracle) comme une base sur laquelle il a édifié son prêche et a confirmé sa législation. Sinon, eux et les autres envoyés possédaient divers signes évidents et preuves manifestes qui ont démontré leur sincérité autre que le défi lancé à leurs peuples respectifs. Parmi ces signes : Au nom d`Allah Le Tout Miséricordieux le Très Miséricordieux Ce récit comprend beaucoup de choses étonnantes, des leçons, des rappels, des conseils, des lois, des moralités, des afflictions et des épreuves de toutes sortes, des grâces et des bienfaits.

Ce que nous voulons, à travers la recherche propre à ce sujet (le récit de Youssouf), est mettre en évidence deux points qui vont, en fait, augmenter la liaison avec le thème (le miracle) que nous sommes en train de traiter :

1. Le premier point : Comment ce récit est en fait un miracle au compte du prophète - paix et bénédictions d'Allah sur lui –

2. Le deuxième point : Comment ce récit est une preuve qu’Allah prépare ses prophètes durant leur première vie, avant (leur mission qui est de transmettre) le message, afin qu’ils supportent les fardeaux de cette mission au moment ou ils sont envoyés à leur communauté.

Le premier point :Allah, Le Très Haut, a décrit le récit de Youssouf, que la paix et le salut d’Allah soient sur lui, de manière détaillée dans le Coran afin qu’il soit un signe, bien plus, des signes de la prophétie du prophète Mohammed, que la paix et le salut d’Allah soient sur lui, et la mise en évidence de cela est la suivante : Il était illettré, il ne lisait absolument pas les livres des premiers (Les gens du livre) et il n’a rien étudié de leur histoire et il n’a rien transcrit de cela de sa propre main, pour ne pas qu’on doute de sa mission et que l’on ne l’accuse de parler de ce qu’il a lu et étudié, Allah dit :

" Et avant cela, tu ne récitais aucun livre et tu n'en n'écrivais aucun de tamain droite. Sinon, ceux qui nient la vérité auraient eu des doutes " (L’araignée – 48)

 

Il était de ceux qui sont loin de connaître le récit de Youssouf et des autres, il ne lui est pas venu à l’idée et il n’a rien entendu de cela avant qu’Allah le lui révèle, à travers son livre évident et clair (le Coran), Allah, Le Très-Haut, dit au début de la sourate Youssouf : "Alif, Lam, Ra. Tels sont les versets du Livre explicite. 2. Nous l'avons faitdescendre, un Coran en [langue] arabe, afin que vous raisonniez. 3. Nous teracontons le meilleur récit, grâce à la révélation que Nous te faisons dans leCoran même si tu étais auparavant du nombre des inattentifs (à ces récits)"(Youssouf - 1 à 3)

Et il dit après que Youssouf conta sa vision et la communiqua à son père, puis que son père lui fit des recommandations à son propos : "Il y avait certainement, en Joseph et ses frères, des signes pour ceux qui interrogent " (Youssouf – 7)

 

Le récit de Youssouf ne faisait pas partie des histoires connues chez les arabes, et de ce qui était répandu entre les gens dans leur récit, il était même complètement absent. De plus, Mohammed n’était pas avec Youssouf et ses frères ! Et il n’a pas témoigné de leur complot et de leur ruse envers lui, sinon on l’aurait accusé d’avoir parlé d’une affaire qu’il a vu ou qui était connu et répandu chez son peuple. Allah dit à son prophète Mohammed, que la paix et le salut d’Allah soient sur lui : " Ce sont là des récits inconnus que Nous te révélons.Et tu n'étais pas auprès d'eux quand ils se mirent d'accord pour comploter " (Youssouf – 102)

 

Et personne ne peut dire qu’il a connu les détails du récit des juifs, car la sourate est descendue durant la période mecquoise alors que les juifs vivaient au Cham et à Médine et ses alentours, et il n’est connu de lui qu’il ai été en relation avec eux avant l’hégire, ou qu’il ai étudié une partie de leur science. Si une de ces choses s’était réellement produite, alors elle aurait été dévoilée, et ceci, à cause de la longue période et le grand nombre de ces antagonistes, de l’embarras éprouvé par son peuple envers son prêche et tous les efforts déployés pour ruser contre lui et pour l’empêcher (de prêcher), de leur accrochement à entacher sa réputation et d’en finir de lui et de son prêche. Ils allèrent même jusqu’à le traiter de sorcier, de divin et de fou, ils l’accusèrent de mensonge alors qu’au fond d’eux-mêmes ils avaient la certitude de sa sincérité et de sa digne confiance. Ils se concertèrent afin qu’il s’accorde sur son emprisonnement ou son expulsion, la décision finale se porta sur son assassinat, Allah le sauva de leur ruse, et il lui prescrit l’exode à Médine, là ou l’islam prit toutes sa puissance et ou l’état islamique fut fondé, Allah, Le Très-Haut, a dit : "(Et rappelle-toi) le moment où les mécréants complotaient contre toi pour t'emprisonner ou t'assassiner ou te bannir. Ils complotèrent, mais Allah a fait échouer leur complot, et Allah est le meilleur en stratagèmes." (Le butin – 30)

 

Un peuple qui prend une telle position envers lui, donne à chacun un aperçu de son rôle alors qu’il vivait parmi eux, il était donc certes aux aguets. Par conséquent, s’ils avaient trouvé le moindre contact entre lui et les juifs et qu’ils avaient su qu’il a récolté d’eux des informations, alors ils se saurait empressés de dévoiler au grand jour (cette supercherie) tout en propageant cela à tout coin de rue sans avoir besoin de mentir sur lui, sans même a avoir à penser à son assassinat ou à son expulsion et enfin sans même avoir besoin de l’accuser de ce qui contient en soi même sa réfutation, en fait il l’accusèrent et prétendaient qu’un homme étranger de la Mecque l’enseignait. Allah a donc fait que ce qu’ils espéraient si fort soit vain et les a fait taire à jamais, Allah, Le Très-Haut dit : "Et Nous savons parfaitement qu'ils disent : ‹Ce n'est qu'un être humain qui lui enseigne (le Coran)›.Or, la langue de celui auquel ils font allusion est étrangère [non arabe], et celle-ci est une langue arabe bien claire." (Les abeilles – 103)

 

Le récit de Youssouf ne peut être une information résumée qui serait exprimée en une ou deux phrases. C’est plutôt un récit qui possède des choses incroyables et des sujets diverses, il est advenu avec des gens d’origine et de nature totalement différente, et dont la période (de ce récit) est très longue : partant d’une vision véridique puis un complot, puis un sauvetage s’ensuit une vente, puis un hébergement… puis des avances faites qui sont suivies d’un ennui, ensuite une infaillibilité devant la turpitude... puis la prison ou sera fait un appel à l’unicité (tawhid) avec délicatesse et politique exemplaire, puis l’interprétation authentique d’un rêve qui est suivi de sa sortie de prison en toute innocence, puis l’investigation des affaires de l’état et le rassemblement de ses frères qui les reconnaîtra, alors qu’eux non, avec tout ce qui c’est dit et tout ce qui est arrivé entre eux… jusqu’à la fin (du récit) qui se conclut par le dévoilement par Youssouf de sa propre identité et son pardon qu’il accorde à ses frères, puis la venue de ses parents auprès de lui dans la meilleure des situations, et bien d’autres détails que connaît chaque personne qui a science du livre d’Allah.

Ce récit a été exposé avec détail sous tous ses aspects, de la manière la plus complète dans l’ensemble de ses chapitres, avec les plus précises des expressions, et par un procédé (linguistique) des plus clairs. Est-il plausible, vraisemblable que l’on dise après cela, que la sincérité du prophète, que la paix et salut d’Allah soient sur lui, dans ce qu’il a narré comme nouvelle, comme événement et comme choses incroyables en suivant cette méthode claire et ce procédé exemplaire est le résultat du hasard et de la perfection !!!Allah, Pureté à lui, a terminé la sourate de Youssouf comme il l’a commencé, en indiquant (aux gens) de façon générale, le but dans lequel il a exposé ce récit : un signe de la prophétie de Mohammed et de sa sincérité à propos de la législation avec laquelle il est venue, et une preuve que l’histoire de Youssouf et les autres (récits du Coran), sont de ce qui a été descendu par révélation (divine) et de ce qui est puisé de la même niche que celle dont ont puisé tous les prophètes.

Ce n’est donc pas une histoire inventée, mais plutôt une confirmation de ce qui existait déjà avant lui, et l'exposé détaillé des lois religieuses dont ont besoin, dans leur vie et pour l’au-delà, ceux qui sont responsables et concernés par ces mêmes lois.

Ce récit contient également guidance et miséricorde pour celui qui possède un coeur et qui prête l’oreille tout en étant témoin. Est-il donc possible que cette conduite exemplaire (orientée) par cette législation droite, juste soit le fruit de la propre personne d’un illettré qui vécut dans une communauté, elle aussi, illettrée, sans que ce soit une révélation d’Allah ? Bien sur que non, c’est en réalité l’attention divine (portée à Mohammed), un message véridique, une révélation sincère et claire, qui a été descendue sur le coeur de Mohammed par l’intermédiaire de l’esprit digne de confiance (l’ange Gabriel), que la paix et le salut d’Allah soient sur lui, afin qu’il soit une miséricorde pour les mondes : « Dans leurs récits il y a certes une leçon pour les gens doués d'intelligence. Ce n'est point là un récit fabriqué. C'est au contraire la confirmation de ce qui existait déjà avant lui, un exposé détaillé de toute chose, un guide et une miséricorde pour des gens qui croient. » (Youssouf – 111)

 

Le deuxième point :Dans les détails des récits, se trouvent des secrets et des points étonnants par lesquels Allah a assisté ses envoyés et leur a favorisé la faculté de diriger les communautés et de guider les peuples pour qu’ils acquièrent les moeurs les plus nobles, les comportements les plus éminents, une sagesse profonde, la force dans leur détermination et les croyances authentiques. Tout ceci est éclairci en divers aspects :

 

1. parmi ces aspects : la pureté de l’âme de Youssouf et son innocence, et ceci apparut au moment ou il eut une vision véridique lors de son jeune âge et au début de son adolescence, qui fut concrétisé par l’interprétation, de cette vision, qui fut la prosternation de ses parents et ses frères devant lui au moment de sa vieillesse et à la fin de sa vie : "Quand Joseph dit à son père : ‹Ô mon père, j'ai vu [en songe], onze étoiles, et aussi le soleil et la lune ; je les ai vus prosternés devant moi›." (Youssouf – 4) "Et il éleva ses parents sur le tròne, et tous tombèrent devant lui, prosternésEt il dit : ‹Ô mon père, voilà l'interprétation de mon rêve de jadis.Allah l'a bel et bien réalisé " (Youssouf – 100)

 

2. Parmi ces aspects : ce qu’Allah lui a spécialement donné comme particularités qui ont fait que son père s’attacha encore plus à lui et l’aima plus, et qui entraîna la ruse et le complot de ses frères contre lui. Certains d’entre eux proposèrent de le tuer afin que leur père se consacre entièrement à eux et que leurvie, avec leur père, après cela, devienne des plus agréables. D’autres virent que l’éloigner de son père suffira amplement. Puis, lorsque leurs avis convergèrent donc, pour cette dernière proposition, ils le jetèrent donc au plus profond d’un puits. Allah lui fit révélation : "Tu les informeras sûrement de cette affaire sans qu'il s'en rendre compte " afin qu’il le réconforte et ôte la peine qu’il éprouva au fond de lui-même. Il lui accommoda ceux qui le sortir du puits, mais ils le vendirent à un prix vil, quelques dirhams. Allah le préserva et le plaça chez des gens qui prirent soin de lui, et il lui donna maîtrise et pouvoir sur terre et lui enseigna l’interprétation des songes : "Et Allah est souverain en Son Commandement, mais la plupart des gens ne savent pas " (Youssouf – 21)

 

3. Parmi ces aspects : La bonté, la clémence, un coeur ouvert et une patience à toute épreuve, après qu’Allah lui ai donné maîtrise et pouvoir et qu’il l’ai placé comme gérant de la trésorerie, puis que ses frères se soient réunis auprès de lui, il ne se vengea pas d’eux, mais plutôt il leur pardonnera de cette erreur et il leur fit grâce avec la capacité (de les punir). Il se contenta de faire allusion à ce qu’ils reconnurent d’eux-mêmes pour ce qui est de leur acte passé et que cela est un complot abject envers lui : "Il dit : ‹Savez-vous ce que vous avez fait de Joseph et de son frère alors que vous étiez ignorant ? [injustes]›. 90. - Ils dirent : ‹Est-ce que tu es... Certes, tu es Joseph !› - Il dit : ‹Je suis Joseph, et voici mon frère. Certes, Allah nous a favorisés. Quiconque craint et patiente... Et très certainement, Allah ne fait pas perdr e la récompense des bienfaisants›. 91. - Ils dirent : ‹Par Allah! Vraiment Allah t'a préféré à nous et nous avons été fautifs›. 92. - Il dit : ‹Pas de récrimination contre vous aujourd'hui ! Qu'Allah vous pardonne. C'est Lui Le plus Miséricordieux des miséricordieux." (Youssouf – 89 à 92)

 

4. Parmi ces aspects : Sa chasteté et la pureté de son âme alors que tout ce qui invite à l’accomplissement de l’acte défendu était présent et la provocation à la turpitude effective, avec l’isolement répété avec la femme de Al-Aziz, sa présence auprès de lui toujours plus intense, l’invitation à la turpitude qu’elle proposa à Youssouf, sa vie avec elle dans sa demeure, la discrétion qu’elle prit lorsqu’elle ferma les portes. Youssouf a certes été parmi les pures fidèles envers Allah et de ceux qui sont surs (de son aide), il demanda la protection de son seigneur et se réfugia auprès de lui, et il trouva ignoble de d’agir en réponse au meilleur des asiles qu’Allah lui offrit par la trahison portée à son honneur (qu’Allah a protégé jusqu’à ce jour). Il se rappela ce qu’atteint les injustes, comme mauvais devenir : la ruine et la perte. Et par cela Allah dérouta de son chemin le mal et la turpitude, et mit en évidence son innocence devant les plus hauts témoins. "Or celle [Zulikha] qui l'avait reçu dans sa maison essaya de le séduire. Et elle ferma bien les portes " et dit : ‹Viens, (je suis prête pour toi!)› - Il dit : ‹Qu'Allah me protège ! C'est mon maître qui m'a accordé un bon asile. Vraiment les injustes ne réussissent pas›. 24. Et, elle le désira. Et il l'aurai désirée n'eût été ce qu'il vit comme preuve évidente de son Seigneur. Ainsi [Nous avons agi] pour écarter de lui le mal et la turpitude. Il était certes un de Nos serviteurs élus." (Youssouf – 23 et 24) Jusqu’Allah dit en citant la parole de Aziz d’Égypte après qu’il témoigna de l’innocence de Youssouf : "Joseph, ne pense plus à cela ! Et toi, (femme), implore le pardon pour ton péché, car tu es fautive› " (Youssouf – 29) Jusqu’Allah dit en citant la parole de l’épouse de Aziz avec les femmes qui lui reprochèrent l’amour et l’attachement qu’elle lui vouait : "J'ai essayé de le séduire, mais il s'en défendit fermement. Or, s'il ne fait pas ce que je lui commande, il sera très certainement emprisonné et sera certes parmi les humiliés "(Youssouf – 32)

Youssouf, que la paix et le salut d’Allah soient sur eux, a certes connu la voie qui permet de se débarrasser (de cette épreuve), il chercha secours auprès de celui qui a dans sa main les coeurs et la destinée des affaires, il les dirige comme il veut. Il reconnut la stérilité de sa propre capacité et de sa propre puissance, pour reconnaître la capacité d’Allah et sa toute-puissance au moment ou il entendit son avertissement de le faire jeter en prison si, il ne répond pas à son désir et ne concrétise pas ce qu’elle veut.

Il demande alors à son seigneur qu’il le protège de toute déviation et qu’il écarte de lui la ruse de ces femmes : "Il dit : ‹Ô mon Seigneur, la prison m'est préférable à ce à quoi elles m'invitent. Et si Tu n'écartes pas de moi leur ruse, je pencherai vers elles et serai du nombre des ignorants› [des pêcheurs] " (Youssouf – 33)

Et Allah n’est pas à rejeter (l’invocation) d’un serviteur qui l’a craint et qui l’a invoqué, lui uniquement, avec une sincérité pure. La prison fut pour lui préférable que la turpitude : "Son Seigneur l'exauça donc, et éloigna de lui leur ruse. C'est Lui, vraiment, qui est l'Audient et l'Omniscient. 35. Puis, après qu'ils eurent vu les preuves (de son innocence), il leur sembla qu'ils devaient l'emprisonner pour un temps." (Youssouf – 34 -35)

 

5 : Parmi ces aspects : Il (Youssouf) ne fut point préoccupé par les épreuves consécutives dont il fut touché, relative à son seigneur, sa religion et l`appel à l`unicité, hérité de ses pères : Ibrahim, Ishaq, Yacoub, que le salut et la paix d`Allah soient sur eux. Il profita du besoin des deux (détenus) qui se trouvaient avec lui en prison, qu`ils avaient de lui en ce qui concerne l`interprétation des songes qu`ils ont vus. Il débuta par parler de lui-même pour mettre en valeur sa propre personne afin qu`ils acceptent sa parole, ensuite il les conseilla en leur rappelant l`unicité (d`Allah) et sa splendeur et il les mit en garde du polythéisme et de son caractère abject, il argumenta sa parole par la preuve (convaincante) avec délicatesse et en leur rappelant (la valeur) de la compagnie au moment de l`épreuve. Il leur dit tout cela avant qu`il leur interprète leur songe afin d`attirer le plus possible leur attention et de s`assurer de leur acceptation et afin d`éloigner leur refus (d`accepter l`interprétation donnée).

Il développa longuement cette argumentation et fit qu`elle soit un but en soi-même (qui n`est autre que l`appel à l`unicité d`Allah et le rejet de toute forme de polythéisme), puis il conclut par l`interprétation de leur songe dans un court verset : Allah, Le Très Haut, dit : "Deux valets entrèrent avec lui en prison. L'un d'eux dit : ‹Je me voyais [en rêve] pressant du raisin...› Et l'autre dit : ‹Et moi, je me voyais portant sur ma tête du pain dont les oiseaux mangeaient. Apprends-nous l'interprétation (de nos rêves), nous te voyons au nombre des bienfaisants›. 37. ‹La nourriture qui vous est attribuée ne vous parviendra point, dit-il, que je ne vous aie avisés de son interprétation [de votre nourriture] avant qu'elle ne vous arrive. Cela fait partie de ce que mon Seigneur m'a enseigné. Certes, j'ai abandonné la religion d'un peuple qui ne croit pas en Allah et qui nie la vie future›. 38. Et j'ai suivi la religion de mes ancêtres, Abraham, Isaac et Jacob. Il ne nous convient pas d'associer à Allah quoi que ce soit. Ceci est une grâce d'Allah sur nous et sur tout le monde; mais la plupart desgens ne sont pas reconnaissants. 39. Ô mes deux compagnons de prison! Qui est le meilleur : des Seigneurs éparpillés ou Allah, l'Unique, le Dominateur suprême ? 40. Vous n'adorez, en dehors de Lui, que des noms que vous avez inventés, vous et vos ancêtres, et à l'appui desquels Allah n'a fait descendre aucune preuve. Le pouvoir n'appartient qu'Allah. Il vous a commandé de n'adorer que Lui. Telle est la religion droite ; mais la plupart des gens ne savent pas. 41. Ô mes deux compagnons de prison! L'un de vous donnera du vin à boire à son maître; quand à l'autre, il sera crucifié, et les oiseaux mangeront de sa tête. L'affaire sur laquelle vous me consultez est déjà décidée.›" (Youssouf – 36 à 41)

Regarde la saine nature de Youssouf et l`authenticité de sa croyance et l`effort qu`il produit pour oublier son malheur. Observe le rappel (que Youssouf exprima) de ses purs prédécesseurs qui étaient des réformateurs, et de leur grandeur, afin qu`il les prenne comme modèle dans (l`appel à) l`unicité et la mise en garde du polythéisme et la mise en évidence, par la preuve et l`argumentation, des dommages qu`il cause. Regarde la bonté de son caractère avec ses deux compagnons (de prison) jusqu`au point ou ils témoignèrent de sa connaissance, de son éminence et de sa bienfaisance, observe sa politique avec eux dans son appel à Allah et sa préférence (de ce prêche) par rapport à ce qu`ils lui demandèrent, sans même qu`il délaisse ceà quoi leurs âmes se sont rattachées : l`interprétation de leur songe, sans même faire face au mal qui a été indiqué à travers le songe comme mauvaise fin, bien au contraire il a cité l`affaire de manière imprécise, il dit : " L'un de vous donnera du vin à boire à son maître ; quand à l'autre, il sera crucifié, et les oiseaux mangeront de sa tête ". Allah réalisa ce qu`il dit et chacun d`eux eu pour destinée ce qui fut cité lors del`interprétation de leur songe.

 

6. Parmi ces aspects : Youssouf, malgré sa pleine confiance en son seigneur et le fait qu`il s`en remette entièrement à lui, voulut prendre les moyens qui lui permettront de se débarrasser du malheur qui le toucha, et ceci ne dévalorise en rien et ne diminue point la pleine confiance (tawakkul) qu`il porte en Allah, il fut alors jeté en prison injustement et cruellement, et ceci par le témoignage même de son antagoniste, et repousser l`injustice est un acte légiféré et qui est même parfois obligatoire, il dit alors à celui des deux (prisonniers) qu`il crut sauvé : "cite moi auprès de ton maître". Mais Allah voulut qu`il augmente (Youssouf en degré) en épurant son coeur et qu`il accroît sa sincérité dans sa confiance portée à Allah, ainsi que la force de sa patience devant l`épreuve, alors le diable fit oublier à ce jeune homme qu`il cite Youssouf, en bien, auprès de son maître. Il demeura donc en prison quelques années, puis Allah lui choisit une voie meilleure que celle qu`il avait dessinée pour lui-même, afin qu`il se libère (de cette épreuve), comme nous allons le voir.

 

7. Parmi ces aspects : Allah voulut que sa délivrance se réalise par le biais de la science et de la sagesse et surtout par sa connaissance dans l`interprétation des songes, non par l`intercession de quiconque. Puis à cause du besoin de la communauté envers lui, que ce soit gouverneur et gouvernés, sans que lui, n`ai besoin d`eux, ceci étant plus noble et plus honorable pour lui-même, afin qu`il ne soit pas redevant devant quiconque, sinon Allah. Il (Allah) lui facilita alors le chemin vers cela : le roi d`Egypte vit un songe qui le préoccupa, les nobles de son peuple furent impuissants devant son interprétation : "Et le roi dit : ‹En vérité, je voyais (en rêve) sept vaches grasses mangées par sept maigres ; et sept épis verts, et autant d'autres, secs. Ô conseil de notables, donnez-moi une explication de ma vision, si vous savez interpréter le rêve›. 44. Ils dirent : ‹C'est un amas de rêves! Et nous ne savons pas interpréter les rêves!›" (Youssouf – 43-44) Et lorsque cette affaire d`interprétation se termina auprès de Youssouf, il l`interpréta avec justesse et clarifia qu`elle dévoilera pour la communauté son futur relatif à sa prospérité et à sa pénurie sur une période de quatorze ans : "Alors [Joseph dit] : ‹Vous sèmerez pendant sept années consécutives. Tout ce que vous aurez moissonné, laissez-le en épi, sauf le peu que vous consommerez. 48. Viendront ensuite sept années de disette qui consommeront tout ce que vous aurez amassé pour elles sauf le peu que vous aurez réservé [comme semence]. 49. Puis, viendra après cela une année où les gens seront secourus [par la pluie] et iront au pressoir.›" (Youssouf – 47 à 49)

Cette interprétation eut un impact considérable dans le coeur du roi, il s`empressa alors de faire venir Youssouf auprès de lui, ce qu`il refusa jusqu`à que l`on se penche sur son affaire avec les femmes, car il fut jeté en prison à cause d`elles : " [Joseph] dit : ‹Retourne auprès de ton maître et demande-lui : ‹Quelle était la raison qui poussa les femmes à se couper les mains? Mon Seigneur connaît bien leur ruse›. "(Youssouf – 50)

Le roi s`exécuta et mit en évidence (devant les gens) l`innocence de Youssouf : "Alors, [le roi leur] dit : ‹Qu'est-ce donc qui vous a poussées à essayer de séduire Joseph ?› Elles dirent : ‹A Allah ne plaise! Nous ne connaissons rien de mauvais contre lui›. Et la femme d'Al-Azize dit :‹ Maintenant la vérité s'est manifestée. C'est moi qui ai voulu le séduire. Et c'est lui, vraiment, qui est du nombre des véridiques!› 52. ‹Cela afin qu'il sache que je ne l'ai pas trahi en son absence, et qu'en vérité Allah ne guide pas la ruse des traîtres."(Youssouf – 51 et 52)

Et lorsque le roi le demanda après cela et qu`il se présenta devant lui : "Et [Joseph] dit: ‹Assigne-moi les dépôts du territoire : je suis bon gardien et connaisseurs› " (Youssouf – 55)

Sur de lui, et ayant science que personne, sinon lui, dans la communauté est apte à gérer les affaires économiques de l`état et à administrer les affaires d`ordre générale de manière à ce que le pays ne puisse être préservé que par lui. Il demanda donc cela pour l`intérêt de la communauté, non pour son propre compte. Le roi lui répondit favorablement en conséquence de sa science, de sa sincérité et de la confiance qui lui était portée, Allah a donc parachevé sur Youssouf les bienfait qu`il désira : "Ainsi avons-nous affermi (l'autorité de) Joseph dans ce territoire et il s'y installait là où il le voulait. Nous touchons de Notre miséricorde qui Nous voulons et ne faisons pas perdre aux hommes de bien le mérite [de leurs oeuvres]." (Youssouf – 56)

Ainsi, il apparaît clairement qu`Allah a purifié Youssouf et l`a préservé grâce aux épreuves consécutives suivies à chaque fois d`une délivrance (se tirant ainsi d`affaire). Puis il l`éprouva par la ruse de ses frères et du fait qu`ils le jetèrent au fond de la forêt, ensuite Allah le sauva, puis il l`éprouva par le fait que la caravane le vendit, puis il lui accorda un bel accueil, puis il l`éprouva par la femme de Al-Azize et le fait qu`elle soit à son affût et par les femmes qui se coupèrent les mains, puis Allah le protégea et le garda (de tomber dans le péché), puis il l`éprouva par la prison, puis il le fit sortir en toute innocence et savant de son seigneur et des affaires de la communauté à un moment ou le besoin du pays d`un gardien (du trésor public), se fit énormément ressentir, un gardien ayant science et gérant les affaires (de l`état) et capable de la conduire durant son règne de la meilleure des façons.

Il fut investit de ses fonctions et les responsables se soumirent (à son ordre). Dans le récit de Youssouf, en dehors de ce que nous avons cité, se trouve beaucoup de points qui indiquent qu`Allah s`est engagé à éduquer et à protéger Youssouf. Il (Allah) l`a pris en charge durant les étapes de sa vie afin qu`il le choisisse comme un prophète et qu`il puisse assumer les fardeaux du message (divin), puis pour qu`il fasse de sa noble vie des signes évidents qui prouvent sa sincérité en ce qui concerne les informations qu`il a communiquées et la confiance qu`il lui a été faite pour ce qui est de la transmission (de la révélation) du seigneur des mondes.

 


Sheikh Abderazzaq `Afifi (hafidhahou Allah) - Fatawa wa rasaa.il -

Traduction rapprochée : Abd Almalik Abou Adam Al-firansi, le 29/02/1427, à Joubail



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