Kitâb Charh us-Sounnah (5)

Publié le par abou abdillah al tounsi

« Kitâb Charh us-Sounnah » de l’Imâm al-Barbahârî (5)

Al-Imâm Abî al-Hassan Ibn ’Alî Ibn Khalaf al-Barbahârîïl

BismiLLehi ar-Rahmâni ar-Rahîm

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- 51] Quiconque prétend avoir vu son Seigneur dans de ce bas-monde a mécru en Allâh [’Azza wa Djal].

- 52] Réfléchir profondément sur Allâh -Tabâraka wa Ta’âla- est une innovation, comme le Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) l’a dit : « Réfléchissez sur la création, mais ne réfléchissez pas sur Allâh. » [1]. Aussi, la réflexion profonde sur Allâh provoque des doutes dans le cœur.

- 53] Sache ! que les reptiles, les bêtes de proie et toutes les créatures telles que la minuscule fourmi et la mouche sont des subordonnés [soumis à Allâh], et ils ne savent rien si ce n’est de par la volonté d’Allâh - Tabâraka wa Ta’âla.

- 54] Il faut avoir foi en le fait qu’Allâh connaît tout ce qui a été du début des temps et tout ce qui sera, et qu’Il a entièrement énuméré tout ce qui est [existe]. Quiconque dit : « Il ne sait pas ce qui a été et ce qui sera. » a mécru en Allâh Le Tout Puissant.

- 55] Il n’y a aucun mariage [valide] sans tuteur, et deux témoins justes et véridiques, ainsi qu’une petite ou grande quantité [fixée pour la dot]. Et quiconque n’a pas du tuteur peut-être remplacé par le Sultân [Gouverneur] en son absence.

- 56] Si un homme divorce de sa femme par trois fois, elle lui devient interdite. Et elle ne lui est plus permise jusqu’à qu’elle se soit remariée [avec un autre homme].

- 57] Le sang d’un homme Musulman qui témoigne « qu’il n’y a de dieu si ce n’est Allâh et que Muhammad est le Messager d’Allâh » ne doit pas être versé excepté dans trois (3) cas [2] :

- 1) Le fornicateur après s’être marié.

- 2) L’apostas après avoir eu la foi.

- 3) Et une personne qui tue un Croyant sans droit, sera donc lui-même exécuté pour son acte.

En dehors de ces cas, le sang du Musulman est [à jamais] interdit, jusqu’à ce que l’heure dernière se lève.

- 58] Tout chose pour laquelle Allâh a rendu obligatoire sa destruction se détruira. Sauf Le paradis et l’Enfer, le Trône et le Repose-pied [3], la Plume, la Corne et les tablettes bien gardées. Jamais aucune de ces choses ne périra. Alors Allâh redressera la création le Jour Dernier dans l’état dans lequel Il l’a fait mourir. Il les jugera comme Il le veut, un groupe pour le Paradis et un groupe pour le Feu brûlant, et il dira au reste de la création [qui n’avait pas été créé pour l’éternité] : « Soyez poussière. »

- 59] Il faut avoir foi au châtiment le jour de la Résurrection entre toutes les créations : Etres humains, reptiles, bêtes de proie et les fourmis entre elles ; jusqu’à ce qu’Allâh [’Azza wa Djal] tranche pour les uns envers les autres : Les gens du Paradis et les gens de l’Enfer, les gens de l’Enfer et les gens du Paradis, et les gens du Paradis les uns envers les autres, et les gens de l’Enfer les uns envers les autres.

- 60] La pure sincérité dans les actions pour Allâh.

- 61] L’agrément [l’acceptation] des décrets d’Allâh, la patience face aux Jugements d’Allâh, la Foi quant à tout ce qui est dit [provient] d’Allâh - ’Azza wa Djal - et la Foi dans tous les décret d’Allâh bons comme mauvais, savoureux et amers. Car certes Allâh sait ce que ses adorateurs font [et où leurs actions les mènent]. Ils ne peuvent s’échapper de la Connaissance d’Allâh. Il n’y a rien dans les mondes ou dans les cieux qui soit méconnu d’Allâh - ’Azza wa Djal. Vous devez savoir qu’il n’y a rien qui ne vous touche sans que cela soit de nature à vous manquer, et rien qui ne vous ait manqué qui n’était de nature à vous toucher. Il n’y a aucun créateur avec Allâh [’Azza wa Djal].

- 62] Les « Takbîrs » pour la Prière de « al-Djanâzah » [prière mortuaire] sont au nombre de quatre [4]. Et ceci est un dire de : Mâlik Ibn Anas, Soufyân ath-Thawrî, al-Hasan Ibn Sâlih, Ahmad Ibn Hanbal et les jurisconsultes, et ceci est en conformité avec les dires du Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam).

- 63] Il faut avoir foi que pour chaque goutte de pluie, un ange descend du ciel et la place où Allâh - ’Azza wa Djal - le décide. [5]

- 64] Il faut avoir foi lorsque le Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) a parlé aux morts [c.a.d les polythéistes] du Jour de la bataille de Badr, et ils ont entendu ses paroles. [6]

- 65] Il faut avoir foi que quand un homme devient malade, Allâh le récompense pour sa maladie. [7]

- 66] [Il faut avoir foi] au fait qu’Allâh récompense le martyr [pour sa mort].

- 67] Il faut avoir foi au fait que les enfants sentent dans ce bas-monde la douleur affligée. Bakr, fils de la soeur de ’Abdul-Wâhid, a dit : « Ils ne sentent pas la douleur. » C’est un mensonge. [8]

- 68] Sache ! que nul n’entrera au Paradis excepté par la Miséricorde d’Allâh. Allâh ne punira personne si ce n’est selon ses péchés. Si le châtiment d’Allâh [doit tomber] sur les habitants des cieux et des mondes, des bons et des mauvais parmi eux, alors Il les punirait sans être injuste à leur égard.

Et il n’est pas permis de dire sur Allâh - Tabâraka wa Ta’âla- qu’Il est injuste, car l’injuste est celui qui inscrit/compte [des choses] qui ne concerne pas la personne, alors que la création et les décrets appartiennent à Allâh - Djalla wa ’Ala. La création est Sa création et le monde est Son monde. Il ne sera pas interrogé au sujet de ce qu’Il fait, mais [eux plutôt] seront interrogés [sur ce qu’ils ont fait]. Et on ne demande pas : « Pourquoi ? » Et « Comment ? ». Et nul ne peut entrer entre Allâh et Sa création.

- 69] Si vous entendez une personne critiquer les récits [en ne les acceptant pas ou repoussant quoique ce soit] des informations du Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam), doutez de son Islâm, car certes il est une personne méprisable dans ses dires et dans son dogme de pensées. Il a en effet critiqué le Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) et ses Compagnons, qui nous ont permis de connaître Allâh et Son Messager (sallallahu ’alayhi wa sallam), de connaître le Qor’ân, de connaître ce qui est bon et mauvais, et [de connaître] ce bas-monde et l’Au-delà à travers les récits [Athar]. [9]

- 70] Le Qor’ân a besoin de la Sounnah et la Sounnah a besoin du Qor’ân. [10] [11]

Notes

[1] Rapporté dans ces termes par Abû ash-SHeikh dans « al-’Adhamah - n°5 » et Abû al-Qâsim al-Asbahânî dans « at-Targhîb [2/73, 174] » hadîth ’ de Ibn ’Abbâs et son isnâd [chaîne de transmission] est faible [dha’îf]. Cependant, il a un témoin dans le hadîth de ’Abdullah Ibn Sallâm qui est réputé, rapporté par Abû Na’îm dans « al-Hilyah [6/66-67] » et al-Asbânî dans « at-Taghrîb - n°673 » l’a rendu hassan [bon]. Il a ceci dit des témoins [dans sa chaîne de transmission] qui sont faibles. Voir pour plus de détails « Silsilat us-Sahîhah - n°1788 »

[2] Tel que rapporté dans un Hadîth de ’Abdullâh Ibn Mass’oûd. Rapporté par al-Bukhârî dans le chapitre : « Le prix du sang ». Et Rapporté par Muslim.

[3] Le « Kursî » veut dire littéralement « Repose-pied ou piédestal ». Il est le plus souvent confondu avec le mot « ’Arsh ». Or le « Kursî » est bien différent de « ’Arsh » dont Allâh a fait mention dans plusieurs versets. Ibn Taymiyyah (rahimahullâh) a dit qu’on rapporte de Muhammad Ibn ’Abdillâh et d’autres savants, que « al-Kursî » se trouve devant « al-’Arsh », au niveau des pieds. (Madjmu’ al-Fatâwa, vol-5 p.55-54)

[4] Rapporté par al-Bukhârî et Muslim. Et il est permis de faire jusqu’à « 9 Takbirât » [Allâhu Akbar] dans la prière mortuaire selon l’avis de plusieurs savants expliqués comme dans : « al-Madjmu’ vol-5 p.211 » de l’Imâm an-Nawawî, « Charh as-Sounnah vol-5 p.341 » de l’Imâm al-Baghawî, « Souboul as-Sallâm vol-2 p.143 » de l’Imâm as-San’ânî, « Zâd al-Ma’âd vol-1 p.507-509 » de l’Imâm Ibn al-Qayyîm, « Ahkâm al-Djanâ-îz p.111-114 » de l’Imâm al-Albânî.

[5] Ceci a été rapporté par al-Hakam Ibn ’Outeibah [mort en 115H] et Hassan al-Basrî [d.110H] : Rapporté aussi par at-Tabarî dans son Tafsîr et Abû ash-SHeikh dans « al-’Adhamah » avec une bonne chaîne de transmission.

[6] Comme rapporté dans « Sahîh Muslim » - Hadîth de Anas Ibn Mâlik : « Le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) [s’adresse aux chefs des Quraysh le Jour de la bataille de Badr après leur mort] : « O Abâ Djahl Ibn Hishâm ! O Oumayyah Ibn Khalaf ! O ’Outbah Ibn Rabî’ah ! O Chaybah Ibn Rabî’ah ! N’avez-vous pas trouvé [maintenant] ce que votre Seigneur vous avait promis comme vérité ? J’ai trouvé ce que mon Seigneur m’a promis comme vérité ! » ’Oumar dit : « O Messager d’Allâh ! Comment parler à des gens devenus des cadavres ? » Le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) de répondre : « Par Celui qui détient mon âme entre ses mains ! Vous n’entendez pas ce que je dis mieux qu’eux. Mais ils sont incapables de répondre. »

[7] Comme rapporté dans « Sahîh al-Bukhârî » et dans « Sahîh Muslim » - Hadîth de ’Abdullâh Ibn Mass’oûd qui dit que le Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) a dit : « Aucun malheur n’atteint le musulman sans qu’Allâh ne lui fasse tomber ses péchés, comme tombent les feuilles des arbres. »

[8] Bakr, fils de la soeur de ’Abdul-Wâhid, est une erreur comme précisé par SHeikh ar-Radâdî. Ce Bakr faisait partie des têtes des innovateurs. Sa biographie se trouve dans « Lisân ul-Mîzân (2/60-61) - dans « al-Fasl » de Ibn Hazm (3/157) - « Muqalât al-Islamiyyîn » de l’Imâm al-Ach’ârî (p.286).

[9] L’Imâm Ahmad (rahimahullâh) a dit : « Quiconque repousse un hadîth du Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) est sur le bord de la destruction. » Rapporté dans « Tabaqât ul-Hanâbilah (2/15) » et par Ibn Battah dans « al-Ibanât ul-Koubrâ (1/97).

[10] Cette parole de l’Imâm al-Barbahârî (rahimahullâh) est identique aux paroles de Makhoûl ach-Châmî (rahimahullâh) [Tâbi’î - d.113H]. Rapporté par al-Khatîb dans « al-Kifâyah (p.14) », Ibn ’Abdel-Barr dans « Djâmi’ bayân al-’Ilm (2/191) » et d’autres avec une chaîne de transmission authentique. Yahyâ Ibn Abî Kathîr (rahimahullâh) [d.129H] a dit : « La Sounnah est déterminante sur le Qor’ân, mais le Qor’ân n’est pas déterminant sur la Sounnah. » Rapporté par ad-Dârimî dans son Sounan (1/153).

Al-Fudhayl Ibn Ziyâd a dit : « J’ai entendu Abû ’Abdullâh [Ahmad Ibn Hanbal] interrogé sur le hadîth « Que la Sounnah est déterminante sur le Kitâb [le Livre d’Allâh] » et il répondit : « Je ne me risque pas à dire que la Sounnah est déterminante sur le Livre, mais que la Sounnah [plutôt] explique le Livre et la clarifie. » Rapporté par Ibn ’Abd al-Barr dans « al-Djâmi ’ (p.191-192) ». Et cela est en accord avec les paroles d’Allâh qui dit :

« [Nous les avons envoyés] avec des preuves évidentes et des livres saints. Et vers toi, Nous avons fait descendre le Coran, pour que tu exposes clairement aux gens ce qu’on a fait descendre pour eux et afin qu’ils réfléchissent. » (Coran 16/44)

[11] Kitâb Charh us-Sounnah de l’Imâm al-Barbahârî, p.82-87

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