Kitâb Charh us-Sounnah (8)

Publié le par abou abdillah al tounsi

« Kitâb Charh us-Sounnah » de l’Imâm al-Barbahârî (8)

Al-Imâm Abî al-Hassan Ibn ’Alî Ibn Khalaf al-Barbahârî

BismiLLehi ar-Rahmâni ar-Rahîm

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- 91] Sache ! Qu’Allâh t’accorde Sa Misaricorde - que l’adorateur se doit d’appréhender [les choses] aussi longtemps qu’il tient compagnie à ce bas-monde, car il ne sait pas quand il mourra et dans quelle situation il terminera [sa vie] et dans quelles conditions il rencontrera Allâh, et si même ses actions sont toutes de bonnes actions.

- 92] Et il est demandé à tout homme qui à son propre détriment [fait du mal] à son âme, qu’il ne doit pas perdre espoir jusqu’à sa mort, en conservant de bonnes pensées à l’égard d’Allâh -Tabâraka wa Ta’âla - et craignant pour ses péchés. S’il bénéficie de la Miséricorde d’Allâh, c’est de par Son bienfait [à Allâh]. S’Il le punit, ce sera pour ses péchés.

- 93] Il faut avoir Foi qu’Allâh -Tabâraka wa Ta’âla- a fait voir à Son Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) ce qui sera à sa Ummah [communauté] jusqu’au jour de Résurrection.

- 94] Sache ! Que le Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) a dit : « Ma Communauté se fendra [se divisera] en soixante treize sectes, toutes iront en Enfer excepté une seule. » Et c’est la Djamâ’ah. Ils ont [les compagnons] dit : « Quelle est-elle O Messager d’Allâh ? » Il (sallallahu ’alayhi wa sallam) a répondu : « Ce sur quoi je suis moi et mes Compagnons aujourd’hui. » [1] Telle était la religion jusqu’au Califa de ’Oumar [Ibn al-Khattâb] (radhiallâhu ’anhu) comme à l’époque de ’Outhmân. Quand il a été tué (radhiallâhu ’anhu) la divergence et les innovations sont apparues. Les gens ont suivi [en se divisant] des partis et des sectes. Parmi les gens, certaines personnes sont restées accrochées à la vérité. Quand les choses [affaires] ont commencé à changer [et à s’aggraver] ils ont parlé de la vérité [l’on appliquée] et ont appelé les gens à celle-là.

Les affaires [les ordres religieux] ont été maintenus en ordre jusqu’au quatrième califa d’untel. Les gens ont grandement changé [par la suite], avec la banalisation des innovations, et c’est là que beaucoup de prêcheurs [sont apparus] appelant les gens loin du chemin de vérité et du groupe. L’adversité est apparue en toute chose, et [les gens] ne parlaient plus sur la base [de ce qui a été] du Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) ni de ses Compagnons. Les gens ont appelé au sectarisme [à la division], alors que le Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) avait interdit le sectarisme - et déclarant les autres mécréants. Tous appelaient à leur propre opinion, et a déclaraient mécréants tous ceux qui divergeaient d’avec eux : l’ignorant, les gens du commun et ceux qui ne s’avaient pas [ce qu’il en était sur cela].

Ils ont poussé les gens à être avides pour les choses de ce bas-monde, et à craindre la punition de bas-monde, ainsi les gens les ont suivis par crainte pour leurs affaires du bas-monde et pour leur l’attachement à celui-ci, supprimant par-là la Sounnah ainsi que leurs gens [de la Sounnah]. L’innovation apparut de manière courante, rendant [les gens] mécréant alors qu’eux mêmes l’étaient sans même savoir à qui ils l’appliquaient, pratiquant le raisonnement par analogique, en considérant le Pouvoir du Seigneur, de Ses versets, Ses décrets, Ses ordres et interdictions d’après leur intellect [et leur point de vue]. Tout ce qui était en accord avec leur intellect ils l’acceptaient, et tout ce qui était en désaccord avec leur intellect, ils le rejetaient. L’Islâm est devenu étranger, la Sounnah est devenue étrangere, et les gens de la Sounnah sont devenus étrangers au sein même de leurs maisons.

- 95] Sache ! Que le mariage temporaire - pour une jouissance temporaire avec une femme, et le rendre légal - est interdit jusqu’au Jour de Résurrection.

- 96] Il faut connaître [ou reconnaître] l’excellence des Banî Hâshim due à leur parenté avec Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam), et reconnaître l’excellence des Quraysh et des Arabes, et toutes les branches de la tribu ainsi que reconnaître leur position et droits dans Islâm.

L’esclave est de leur peuple. [Il faut] Reconnaître les droits de tous dans l’Islâm. Reconnaître l’excellence des Ansâr [2] et de la recommandation donnée du Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) les concernant. [Et il faut reconnaître] la famille de l’Envoyé sans d’exagération à leur égard, reconnaître leur excellence [et leurs miracles]. Et reconnaître l’excellence des gens de « al-Madînah » et leur voisinage.

- 97] Sache ! Qu’Allâh t’accorde Sa Misaricorde - que les savants n’ont pas cessé de réfuter les paroles des « Djahmiyyah » jusqu’au temps du Califa des Banî [al-’Abbâs], et qu’ils ont affecté [de par leurs paroles] les ordres généraux [de l’Islâm] et ont insulté [injurié] les récits du Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) en se fiant au raisonnement analogique et l’opinion [personnelle]. Ils ont déclaré mécréants ceux qui divergeaient d’eux, au point de rendre mécréant l’ignorant, le faible d’esprit et celui qui ne sait pas ; Ils sont donc tombés dans incrédulité sans même le savoir.

La Communauté [s’est dégradée] à plusieurs reprises, elle a mécru à plusieurs reprises, est devenue hérétique à plusieurs reprises, s’est égarée à plusieurs reprises, a innové à plusieurs reprises, excepté pour qui s’est attaché fermement aux paroles du Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam), ce sur quoi lui et ses Compagnons étaient, sans déclarer l’un d’entre eux dans l’erreur, et sans même devancer ce sur quoi ils étaient. Il trouve suffisant ce avec quoi ils se sont suffit, il ne change pas de voie et de dogme de penser, il sait qu’ils étaient [eux] sur Islâm authentique avec une Foi authentique ; Ainsi il les suit dans sa religion [avec tranquillité], sachant que la religion est certes dans le fait de suivre [2]. Et le suivi est celui des Compagnons de Muhammad (sallallahu ’alayhi wa sallam).

- 98] Sache ! Que quiconque dit : « Le verbe du Qor’ân est créé » est un innovateur. Et quiconque garde le silence, ne disant ni que le Qor’ân est créé ou incréée, est lui un « Djahmî ». Tel est le dire de Ahmad Ibn Hanbal. [3]

Le Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) a dit : « Celui auquel sera prêté une longue vie verra de nombreuses controverses. Aussi tenez-vous fermement à ma Sounnah et à celle des Califes bien guidés. Accrochez-vous-y de toutes vos dents et gardez-vous des choses récemment inventés, car toutes choses récemment inventés est une innovation, et toute innovation mène à l’égarement. » [4]

- 99] Sache ! Que la ruine des Djahmites est qu’ils ont mécru au sujet de leur Seigneur [’Azza wa Djal] et ce qu’ils ont introduit comme : « Pourquoi ? » Et « Comment ? » Ils ont délaissé les récits, adopté le raisonnement par analogique et ont pesé la religion selon leurs propres opinions personnelles. Ils ont ainsi apporté cette mécréance spécifique, sans craindre qu’ils soient mécréants. Ils ont rendu mécréants les gens en les contraignant jusqu’à l’arrêt des ordres [d’Allah et de Ses attributs].

- 100] Certains des savants ont dit - dont parmi eux Ahmad Ibn Hanbal (radhiallâhu ’anhu)- que les « Djahmites » sont des mécréants, et qu’ils ne sont pas des gens de la Qiblah, que leur sang est licite. Ils n’héritent point, et ne peuvent faire hériter, jusqu’au point où il a dit [Ahmad] : Il n’y a pas [avec eux] de Djoumou’ah [prière du vendredi] ou de prière en groupe, ni de prière de « al-’Id » [prière de la fête], ni aucune charité parce qu’ils disent : « Quiconque ne dit pas que le Qor’ân est créé est un mécréant. » Ils autorisent le combat à l’épée contre la communauté de Muhammad (sallallahu ’alayhi wa sallam). Ils contredisent par cela ceux qui les ont précédés. Ils ont mis les gens à procès avec des choses que ni le Prophète (sallallahu ’alayhi wa sallam) n’a parlé, ni aucun de ses Compagnons.

Ils veulent [à travers leurs actes] vider les Mosquées afin que les rassemblements soient négligés. Ils ont affaibli l’Islâm, détruit le Djihâd pour oeuvrer dans le sectarisme. Ils ont divergé des récits et parlé sur la base [de récits] abrogés. Ils ont utilisé ce qui était incertain comme preuve claire en mettant des doutes aux gens au sujet de leur point de vue et [de leur] religion. Ils ont controversé leur Seigneur en disant : « Il n’y a pas de châtiment dans la tombe, ni de bassin, ni d’intercession, ni le Paradis et le Feu n’ont été créés. » Ils ont refoulé beaucoup de ce qu’a dit le Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam). C’est ce qui permet de les déclarer comme mécréants et de rendre licite [à verser] leur sang dû [à la divergence de croyance] au sujet de ces différentes matières. Certes quiconque rejette un verset du Livre d’Allâh a rejeté le Livre en entier, et quiconque rejette un hadîth du Messager d’Allâh (sallallahu ’alayhi wa sallam) a repoussé tous ses récits, et il est mécréant en Allâh le Tout Puissant.

Ils ont persisté dans le temps, épaulés par des souverains qui les ont aidés dans cela, et ceux qui refusaient [cela d’eux] subissaient l’épée et le fouet. L’apprentissage des sciences de la Sounnah et de la Djamâ’ah [fut délaissé], ce qu’ils ont ainsi supprimé en manifestant [des actes] d’innovation et des paroles sur le sujet, organisant des assises, manifestant leurs opinions, écrivant des livres sur le sujet, appelant les gens [à cela] et demandant d’être à leur tête. Et c’est une grande fitnah [discorde]. Et ont été sauvés ceux qu’Allâh a voulu protéger.

Et le minimum qui peut affecter une personne qui s’assoie avec eux, est qu’ils lui causent des doutes au sujet de sa religion ou, qu’elle les suivent ou, qu’elle voit leurs idées comme une vérité, ne sachant pas si cela est la vérité ou un mensonge : elle devient donc une personne dans le doute. Ainsi les gens ont été ruinés jusqu’au temps de « Dja’far » qui était connu comme étant : « al-Mutawakkil » [5] celui à travers qui Allâh a éteint l’innovation et a fait manifesté la vérité et les gens de la Sounnah. Ils ont imposé leur Sounnah en dépit de leur petit nombre, face au grand nombre d’innovateurs qu’ils ont redressé jusqu’à ce jour. Pour ce qui est de leurs principes d’égarement, il subsistait des gens parmi eux qui les pratiquaient, en appelant à cela, sans que nul [parmi eux] ne leur interdise et ne s’éloigne de l’ensemble de leurs dires et actions !

- 101] Sache ! Que l’innovation ne vient pas seule, excepté un sot [idiot] bavard qui ne la suit de manière extravagante. Ils se courbent avec chaque vent qui souffle. Quiconque agit de la sorte n’a aucune religion. Allâh -Tabâraka wa Ta’âla dit :

« Ils ne divergèrent qu’après que la science leur fut venue par agressivité entre eux. »

 

 [6]

« Mais, ce sont ceux-là mêmes à qui il avait été apporté, qui se mirent à en disputer, après que les preuves leur furent venues. »

 

 [7]

Ils sont eux les mauvais savants, des gens avides et innovateurs. [8]

Notes

[1] Rapporté par at-Tirmidhî, al-Hâkim, par Ibn al-Djawzî dans « Talbis Iblîs » et SHeikh al-Albânî dans « al-Silsila as-Sahîha - n°203-204 ».

[2] SHeikh ar-Radâdî précise que l’auteur emploie le terme « at-Taqlîd » [le suivit aveugle] pour exprimer en réalité le suivi avec les preuves « al-Itiba’ » et « al-Iqtidâ ».

[3] Rapporté dans « Massâ-il wa Rassâ-il (1/232-241) » de l’Imâm Ahmad, et dans « Al-’Aqîda as-Salafîyyah fî Kallâm Rabb al-Bariyah » de SHeikh ’Abdullâh al-Djadî’.

[4] Rapporté par Ahmad, Abî Dâwoud, at-Tirmidhî et Ibn Mâdja.

[5] Le Calife ’Abbâsid - al-Mutawakkil ’ala Allâh : Abû al-Fadl Dja’far Ibn al-Mu’tasim-billâh Ibn Muhammad Ibn Rashîd Hârûn Ibn al-Mahdî Ibn Mansoûr al-Qurashî al-’Abbâsî al-Baghdâdî (rahimahullâh). Il est mort dans l’année 247 après l’Hégire. Voir « Siyar A’lâm an-Nouboula (12/30) ».

[6] Sourate al-Djâthiyah, 17

[7] Sourate al-Baqarah, 213

[8] Kitâb Charh us-Sounnah de l’Imâm al-Barbahârî, p.94-101

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